Questions fréquentes

Tout savoir sur l'héritage en Islam

Questions générales

Le calcul de l'héritage islamique (Faraid) suit un ordre précis établi par le Coran et la Sunna :

  1. Paiement des dettes et frais funéraires du défunt
  2. Exécution du testament (wasiya), limité à 1/3 maximum de la succession
  3. Distribution des parts fixes (fard) aux héritiers désignés par le Coran
  4. Distribution du reste (résidu) aux héritiers résiduaires (asaba)

Les parts sont clairement définies dans le Coran, sourate An-Nisa (4:11-12).

Le Faraid (ou 'Ilm al-Fara'id) est la science islamique qui régit la distribution de l'héritage. Le terme vient du mot arabe "fard" qui signifie "obligation" ou "part déterminée".

Cette science est considérée comme extrêmement importante. Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) a dit :

"Apprenez le Faraid et enseignez-le, car c'est la moitié du savoir utile, et c'est ce qui sera oublié en premier par ma communauté."
Rapporté par Ibn Majah

Les règles principales sont énoncées dans le Coran, notamment dans la sourate An-Nisa (4:11-12), qui détaille les parts de chaque catégorie d'héritiers.

Notre calculateur couvre les cas les plus courants de succession islamique : conjoint, enfants (fils et filles), parents, grands-parents, et fratrie.

Le calculateur gère également :

  • Les frères et sœurs (germains, consanguins, utérins)
  • Les grands-parents paternels et maternels
  • Les cas de 'Awl (réduction proportionnelle quand les parts dépassent 100%)
  • Les cas de Radd (redistribution quand les parts n'atteignent pas 100%)

Important : Pour des situations complexes ou des enjeux importants, nous recommandons vivement de consulter un savant qualifié (mufti ou spécialiste en droit successoral islamique). Cet outil est informatif et ne remplace pas l'avis d'un expert.

Pour aller plus loin :

Guide sur le 'Awl et le Radd

Ce sont deux mécanismes d'ajustement utilisés quand le total des parts fixes ne correspond pas à 100% de la succession.

'Awl (العول) - Réduction :

Quand le total des parts fixes dépasse 100%, toutes les parts sont réduites proportionnellement. Exemple : si le total est 9/6, chaque part est multipliée par 6/9.

Radd (الرد) - Redistribution :

Quand le total des parts fixes est inférieur à 100% et qu'il n'y a pas d'héritier résiduaire (asaba), le surplus est redistribué aux héritiers à parts fixes (sauf le conjoint selon la majorité des savants).

Questions sur les parts

Les parts du conjoint survivant sont clairement définies dans le Coran (sourate An-Nisa, 4:12) :

Part de l'épouse :

  • 1/8 (12,5%) si le défunt a des enfants
  • 1/4 (25%) si le défunt n'a pas d'enfants

Part de l'époux :

  • 1/4 (25%) si la défunte a des enfants
  • 1/2 (50%) si la défunte n'a pas d'enfants

En cas de pluralité d'épouses (jusqu'à 4), elles se partagent la part réservée à l'épouse.

La règle générale énoncée dans le Coran (sourate An-Nisa, 4:11) est :

"Au fils, une part équivalente à celle de deux filles."

Les fils :

Héritiers résiduaires (asaba), ils reçoivent le reste après distribution des parts fixes.

Les filles (sans fils) :

  • 1/2 pour une fille unique
  • 2/3 à partager entre plusieurs filles

Fils et filles ensemble :

Les filles deviennent asaba avec leurs frères : le fils reçoit le double de la fille.

Sagesse : Cette différence de parts tient compte des obligations financières imposées aux hommes en Islam (dot matrimoniale, entretien de la famille, prise en charge des parents âgés, etc.) que les femmes n'ont pas.

Les parts des parents sont définies dans le Coran (sourate An-Nisa, 4:11) :

Si le défunt a des enfants :

  • Père : 1/6 (part fixe) + résidu éventuel
  • Mère : 1/6 (part fixe)

Si le défunt n'a pas d'enfants :

  • Père : héritier résiduaire (asaba), reçoit le reste
  • Mère : 1/3 (ou 1/6 s'il y a des frères/sœurs)

Les parents ne sont jamais totalement exclus de l'héritage, conformément au respect dû aux parents en Islam.

Les frères et sœurs n'héritent que s'il n'y a pas de descendants (fils, filles, petits-fils) ni de père. Il existe trois catégories avec des règles différentes :

Germains (même père ET même mère) :

  • Sœur seule : 1/2 | Plusieurs sœurs : 2/3
  • Frères : héritiers résiduaires (asaba)

Consanguins (même père seulement) :

Mêmes règles que les germains, mais ils sont exclus en présence de germains.

Utérins (même mère seulement) :

  • Un seul : 1/6 | Plusieurs : 1/3 à partager
  • Égalité homme/femme pour les utérins

Asaba (عصبة) désigne les héritiers résiduaires qui reçoivent ce qui reste de la succession après la distribution des parts fixes (fard).

"Donnez les parts fixes (fara'id) à leurs ayants droit, puis ce qui reste revient à l'homme le plus proche [en degré de parenté]."
Rapporté par Boukhari et Muslim

Ordre de priorité des asaba :

  1. Le fils (et ses descendants mâles)
  2. Le père
  3. Le frère germain (même père et même mère)
  4. Le frère consanguin (même père)
  5. Les oncles paternels, etc.

Si le total des parts fixes est inférieur à 100%, le reste va aux asaba. S'il n'y a pas d'asaba, on peut redistribuer aux héritiers à parts fixes (radd).

Questions pratiques

Cette limite provient d'un célèbre hadith de Sa'd ibn Abi Waqqas (qu'Allah soit satisfait de lui) qui, étant gravement malade, demanda au Prophète (paix et bénédictions sur lui) s'il pouvait léguer tous ses biens :

"Puis-je léguer les deux tiers de mes biens ?" — "Non." "La moitié ?" — "Non." "Le tiers ?" — "Le tiers, et le tiers c'est beaucoup. Il vaut mieux que tu laisses tes héritiers riches plutôt que de les laisser pauvres, tendant la main aux gens."
Rapporté par Boukhari et Muslim

Règle importante :

Le testament (wasiya) ne peut pas bénéficier à un héritier légal, sauf si les autres héritiers y consentent après le décès. Cette règle évite de favoriser un héritier au détriment des autres.

Les dettes sont prioritaires sur l'héritage. Elles doivent être remboursées avant toute distribution aux héritiers.

Il refusait initialement de prier la prière funéraire sur un défunt endetté, jusqu'à ce que quelqu'un se porte garant de sa dette.
Rapporté par Boukhari

Types de dettes à régler :

  • Dettes financières envers des personnes ou institutions
  • Prêts non remboursés
  • Impôts et taxes dus
  • Dettes envers Allah : zakat impayée, vœux non accomplis, pèlerinage obligatoire non effectué

L'ordre est : frais funéraires → dettes → testament → héritage.

Quand une personne décède sans conjoint ni enfants, l'héritage revient principalement aux parents et/ou à la fratrie selon les règles suivantes :

Si les parents sont vivants :

  • Mère : 1/3 (ou 1/6 si 2+ frères/sœurs)
  • Père : le reste en tant qu'asaba

Si pas de parents, les frères/sœurs héritent :

  • Germains en priorité
  • Puis consanguins
  • Les utérins peuvent hériter avec les germains

Si la succession contient des revenus non conformes à la charia, ils doivent être séparés avant distribution.

Exemples de revenus à purifier :

  • Intérêts bancaires (riba)
  • Revenus d'activités illicites (alcool, jeux de hasard, etc.)
  • Gains de placements non conformes

Comment procéder :

  1. Identifier et calculer le montant concerné
  2. Retirer ce montant de la succession
  3. Le donner en charité (sadaqa) sans intention de récompense
  4. Distribuer le reste aux héritiers

Pour les cas complexes ou les montants importants, consultez un savant qualifié pour déterminer la méthode appropriée.

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